L'île aux moutons - Epilogue

Publié le par l.ile.aux.moutons.over-blog.com

                                                           Épilogue

 

            Le samedi 20 octobre, Kurt se rendit au domicile de James Kerr, il voulait l’inviter à un repas entre amis, des gens exceptionnels qu’il voulait présenter au vieux Jimmy. Malheureusement, il avait beau frapper, la maison de Rippack semblait désespérément vide.

 

- Tu ne saurais pas par hasard où est Jim? Demanda Kurt au jeune Neil Waterston qui passait par là.

- Si je sais! Si tu veux le voir, suis-moi, on est tous à Furse, il faut réparer le chemin d’accès et on est en train de remonter les moutons qui se sont aventurés en bas des falaises. Ces moutons! Quelques fois je me demande s’ils ont un cerveau!

- Ha! Bonne question! Allez viens Neil, profite de ma voiture, je t’emmène.

 

            Jim, tout comme Blaine et les autres étaient affairés à tailler la roche noire, installer des cordes, remonter les moutons et agneaux égarés. Neil, agile comme un chamois descendit sans hésiter jusqu’au pied de Furse et se dirigea vers Jimmy. Kurt observait la scène quand Neil le montra du doigt tout en parlant au vieux Kerr. En apercevant Kurt au sommet, James tel un jeune homme en pleine forme, se hissa comme si de rien n’était, pour rejoindre son ami.

 

- Salut Kurt, tu viens nous donner un coup de main?

- Non, j’ai du travail et je me souviens de ma descente à Malcolm’s Head, on va en rester là. Non en fait, je venais pour t’inviter à un petit dîner entre copains ce soir à North Lighthouse Lodge, ça te dit?

- Oui avec plaisir, je viendrai mais…Un dîner comment? Tes amis sont des gens normaux?

- C’est-à-dire?

- Ben des gens comme nous quoi. J’ai pas de costume à me mettre.

- …Oui je vois. C’est une bouffe entre copains, des gens sympas que je voudrais te présenter.

- Bon d’accord, je serai là, tu peux y compter.

- Bon je passe te prendre à dix-neuf heures ce soir.

- Ça marche pour moi, à ce soir.

 

            A peine éloigné, Jim tenta de demander ce qu’il y aurait au dîner comme met succulent, mais Kurt ne se retourna même pas et salua Jim de la main. Depuis qu’Anna lui avait fait faux-bond, il n’avait plus trouvé le courage de retourner la voir le vendredi. Il s’était dit qu’après tout elle n’était pas à sa disposition et qu’elle avait autre chose à faire que de discuter avec un marin pêcheur à la retraite dont la conversation devait probablement l’ennuyer.

            Le soir venu, lorsque le vieux Kerr entra dans le cottage, Anna fut la première à venir le saluer. Mais au lieu de se serrer la main, comme il le faisait d’habitude, elle le prit dans ses bras et l’embrassa. Jim ne sut quoi faire tant il fut surpris par la manœuvre.

 

- Oh Jim, je suis navrée de vous avoir posé un lapin l’autre jour. Vous ne m’en voulez pas n’est-ce pas?

- Euh…c’est-à-dire…non, pas du tout voyons, mais je croyais que…

 

            Anna le regarda dans le yeux avec un grand sourire. Et Jim cessa de rougir et se reprit, lui disant qu’il était heureux qu’elle soit là et de pouvoir passer la soirée en sa compagnie.

            Le bruit caractéristique d’un bouchon de Champagne résonna et Kurt commença le service. Pauline déposa des plateaux d’amuse-bouches sur la table basse et sur le guéridon. Après le Champagne on passa au whisky et finalement tous prirent place pour le copieux dîner que le maître des lieux avait concocté. Poissons, volailles, sauces.

 

- Heureusement qu’on a faim! Lança Jim.

- Et soif! Rajouta Alex en s’emparant de la bouteille de Meursault qui prenait son bain glacé et du tire-bouchon.

 

            Les conversations allèrent bon train. Jim avait été catastrophé d’apprendre que le monsieur qui avait fait une crise cardiaque deux jours auparavant était le compagnon d’une dame tout à fait charmante prénommée Mégane à qui il présenta ses plus sincères condoléances. Sympathies qu’elle accepta avec un large sourire. « C’est ce qu’on appelle une veuve joyeuse » songea-t-il à cet instant. Mégane tint à le rassurer en lui précisant que pour elle la mort n’était qu’un point de passage et que bientôt ils seraient à nouveau réunis et Kurt rajouta qu’en attendant rien n’interdisait de s’amuser un peu et de profiter de ce que cette bonne vieille Terre avait à proposer.

 

            En plein repas, Harry se leva et selon une vieille tradition demanda le silence en faisant tinter son verre avec son couteau.

 

- Je voudrais porter un toast si vous le voulez bien!

- A quoi buvons-nous? Demanda Alex.

- Ah mon bon ami, ici vous êtes en Écosse, il est interdit…

- …à un Anglais de couper la parole à un Écossais! Et toc!

 

            Un petit rire s’ensuivit.

 

- Je voudrais lever mon verre à notre chère Pauline et à son compagnon Kurt qui nous reçoivent avec tant de gentillesse et d’amitié sous leur toit. Puissent-ils vivre longtemps et prospérer, je leur souhaite tout le bonheur possible, je sais qu’avec eux, la Tradition est entre de bonnes mains ici, sur l’île aux moutons.

 

- Voilà qui est parlé! Lança Alex.

- Oui! Voilà qui est parlé! Reprirent les convives, verres à la main.

 

 

 

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